
LA COULEUR ME POSSEDE
En 1978, sous l’expression de “grands terrassements spirituels“, Roland Barthes avait eu pour projet de passer en revue ces sortes d’éblouissements, de rapts de la conscience qui, à un moment donné, en général au début de leur parcours, saisissent certains écrivains ou certains artistes.
C’est sans doute à la lumière de l’examen de ce phénomène qu’il faudrait relire le si célèbre et emblématique passage du journal de voyage de Paul Klee en Tunisie, en particulier à la date du jeudi 16 avril 1914. C’est en effet durant le court séjour qu’il y effectua du 8 au 19 avril exactement, en compagnie de ses amis les peintres August Macke et Louis Moilliet, qu’il aura la révélation de sa vocation de peintre et de la forme qu’elle prendra : « L’ambiance me pénètre avec tant de douceur que sans plus y mettre de zèle, il se fait en moi de plus en plus d’assurance. La couleur me possède. Point n’est besoin de chercher à la saisir. Elle me possède, je le sais. Voilà le sens du moment heureux : la couleur et moi sommes un. Je suis peintre1. »PAUL KLEE EXPO – Alain Nadaud
Partagez sur :









Laisser un commentaire